mercredi 14 avril 2010

Comptine de chaussettes roses

Il y a eu cette rencontre, comme ça par hasard.

Et puis il y a eu ce café, cet apéro, ce resto.
Ces soirées se sont enchainées avec lui.
On a eu ces discussions, ces débats dans lesquels tu voulais toujours avoir raison.
On a eu ces passions, ces moments dans lesquels tu voulais toujours me faire rire.

Un jour, on a eu ces promesses, ces projets inavoués sans cesse.
Alors je me suis rendue à l'évidence que mes pensées s'envolaient vers toi à chaque instant.
Alors j'ai espéré que quand je pensais à toi, tu pensais à moi en retour.
Et je me suis mise à aimer des détails de toi que j'aurai détesté chez un autre.
Et je t'ai compris.
Et je t'ai suivi.
Tes passions sont devenues miennes, tes engagements sont devenus miens.
Ainsi l'on a vécu, l'un près de l'autre.

Mais un jour, riche de notre expérience, nos choix ont dépassé nos émois.
Et l'on s'est déchirés, et l'on s'est détestés.

Je ne supportais plus tes passions, ne sachant plus même comment elles étaient devenues miennes
J'ai banni ton prénom, refusant toute approche d'un autre portant le même.

Puis le temps est passé sur ton image vieillie.
Je ne connais plus les traits de ton visage.
Je ne connais plus ces instants de notre vie.
Je sais plus même pourquoi l'on se devait d'être sages.

Parfois, j'arrête de défendre mon point de vue dans les débats que l'on avait, ne sachant plus finalement qui de toi ou moi avait le plus tord.
Et quand enfin, après tant d'années, ton spectre s'est évanoui, j'ai appris de notre expérience.
Et quand enfin, après tant d'années, ton ectoplasme fut déchu, j'ai appris à me faire confiance.

Pourtant hier, il y a eu ce détail insignifiant, que je pensais détester chez un autre
Et pourtant j'ai souri:

"Elles sont marrantes tes chaussettes à rayures roses"

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