lundi 15 mars 2010

Back in the past

C'est fou ce que chacun de mes retours dans la maison de mon enfance peut me projeter des années en arrière. Au delà même d'un voyage dans l'espace, il s'agit bel et bien là d'un voyage dans le temps.

Chaque fois c'est le même vertige. Surtout lorsque je revois ma pauvre grand-mère, attirée toujours un peu plus dans la spirale de sa maladie. Cette même maladie qui la fait parler d'avant, oubliant maintenant et emportant avec elle les rires d'enfant et les joyeux quatre heure. Alors, lorsqu'elle me demande si sa mère que je n'ai jamais connue viendra la voir dans sa maison, je lui réponds inlassablement qu'elle viendra sans doute bientôt, peut-être cette nuit durant ses rêves. Et lorsqu'elle me demande si tante Louise va bien, je lui réponds que oui même si je ne l'ai connue presque que dans les récits parfois décousus de ma mamie.

Ce retour dans le temps, j'y suis malheureusement habituée. Mémé est malade depuis mon départ au Danemark, cela fait donc maintenant près de 2 ans... peut être plus.

Mais cette fois-ci, c'est un tout autre retour dans le temps qui s'est imposé à moi. Je ne m'y attendais pas, pourtant je l'avais tant de fois espéré. Ce remous du passé est arrivé de façon tellement inopinée que j'en ai perdu pied. Pourquoi d'un coup, a-t-il eu besoin de se faire pardonner? Pourquoi maintenant, 6 ans après?

... je n'ai pas pu te voir, mais j'aurai eu tellement de choses à te demander. Pourquoi les choses se sont-elles terminées de cette façon? Pourquoi ton silence? Pourquoi ta fuite? Pourquoi si longtemps?

... je n'ai pas pu te voir, mais ton retour aura été aussi secret que l'a été notre relation; aussi futile peut-être, aussi important sûrement. Tu n'as pas eu le temps de me parler, de m'expliquer.

Ironie du sort que de savoir qu'après toi j'ai vécu quasiment la même histoire, la même fin en tout cas. Finalement, avoir osé reprendre contact tant d'années après est aussi porteur d'espoir. Lui aussi peut-être, m'apportera un jour les réponses aux questions qui me tourmentent.

Et peut-être qu'alors, je comprendrais.

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