vendredi 27 février 2009

La vie qui nous change

Avez-vous déjà eu l'idée folle de revoir quelqu'un perdu de vue pendant plusieurs mois voire plusieurs années? Ce truc qui te prend comme ça, sur un coup de tête.

Il y a toujours eu des tonnes de personnes que j'ai eu (ou que j'ai encore) envie de revoir. La vie nous a séparé un jour, sans trop savoir pourquoi ni comment et il est trop bête de continuer à avancer en faisant comme si de rien n'était alors qu'au fond de moi ces oubliés me manquaient.

Après tout la vie est courte, non? Prenant mon courage à deux mains, j'ai relancé ces oubliés, prenant le risque de me prendre la claque du siècle devant un "non" ferme et définitif.

J'ai eu la bonne surprise de voir que l'un d'entre eux a répondu à mon appel. Et plus que ça encore, il allait jusqu'à prétendre être content d'avoir de mes nouvelles et qu'il aimerait me revoir avec plaisir.

La dernière fois que je l'avais vu c'était il y a 2-3 ans, je ne sais plus trop. On s'était rencontré par hasard dans un hall de supermarché et je m'étais dit "quand même, ce mec là est super". Ce mec là, il ne pouvait qu'être super puisque c'était mon premier grand amour. Celui avec qui je suis restée près de 3 ans. Durant toutes ces années, je me suis souvenue de cette rencontre au supermarché et de tout ce qu'on avait vécu ensemble. Les beaux moments surtout, qui restaient gravés comme des photos que l'on garde et regarde sans cesse dans le grand album des souvenirs. Tous ces beaux moments, je crois que je les avais aussi amplifiés en leur donnant une dimension presque mythique.

J'attendais donc avec impatience de revoir ce beau garçon qui avait une idée à la seconde, qui rêvait de faire de grandes études, d'avoir un beau métier. Ce beau garçon plein d'ambitions qui savaient trouver les mots justes pour me faire rire. Ce beau garçon qui me réconfortait d'un regard, et dont le regard me faisait des pincements au cœur.

Nous nous sommes revus dans un café de mauvais goût. Il m'a demandé ce que je devenais. Il m'a raconté que lui, après avoir mis des bouteilles de vodka en rayon chez Carrefour, il venait de passer un diplôme chez Mc Do pour être " le supérieur de ceux qui font les frites" (un peu comme dans la pub Mc Do qui passe en ce moment à la télé en fait). Au bout de 3/4 d'heures on avait fait le tour de la question. Comment diable est-il possible de résumer 3 ans d'absence en 3/4 d'heures? Comment est-il possible de balayer 3 ans d'amour en 3 foutus quart d'heures?

D'un coup d'un seul, je ne l'ai plus trouvé drôle, je ne l'ai plus trouvé beau, son regard ne me faisait plus rien. Pourquoi a-t-il changé? Où sont ses ambitions? Pourquoi n'est-il plus aussi beau que celui que j'ai connu?

Et puis je me suis dit que j'avais été bête de ne pas l'oublier ces dernières années et de le pleurer secrètement parce que finalement il n'était plus celui que j'ai aimé. Et en même temps, étrangement, je me suis dit que je n'aurai peut être pas dû le revoir pour ne pas ternir les photos des bons moments que j'avais mis dans mon album de souvenirs.

En fait, je crois que je ne dois pas avoir de regret parce que finalement j'ai compris. Ce n'est pas lui ou moi qui avons changé. C'est la vie qui nous change.

mardi 24 février 2009

Plus rien à dire...

Toujours en vie malgré mon manque d'écrits.
Toujours Paris.

...

Toujours des projets plein la tête

... et une bonne nouvelle qui approche, le 18 mars (oui on appelle ça un teaser, je ne vous dirai rien de plus!)

Sinon j'ai vraiment besoin d'un plombier si je ne veux pas finir les pieds dans l'eau ce qui devrait arriver sous peu à en croire le bruit émanant de ma salle de bain.

lundi 9 février 2009

6 mois c'est la moitié d'un an?

6 mois que j’ai quitté Copenhague. Comme on le ferait dans n’importe quelle société, je me dis que 6 mois c’est un chiffre rond pour faire un bilan à mi-parcours : que s’est-il passé dans ma vie depuis ? qu’est-ce qui a évolué ? qu’est-ce qui est resté en suspens ?


Alors voilà, pour faire un vrai bilan il faut repartir 1 an et demi en arrière… (Un an et demi, rien que ce chiffre me fait peur)


16 août 2007. Me voilà en terres danoises. Quelques difficultés à appréhender ma nouvelle vie. Je lance des « mais qu’est-ce que je fais là ? » à tout va. Une fin août difficile mais un bon mois de Septembre. Je viens de trouver un travail comme traductrice chez One.com. J’enchaine les soirées Erasmus avec mon cher Vitto, avec Carine et les autres. Je commence à mieux connaître mes co-workers grâce notamment à Yuri qui est quelqu’un de fantastique. Rob n’habite pas très loin, peu à peu on commence à mieux se connaître. Le Julefrokost de décembre me liera définitivement à ces expats délirants.


6 semaines de coupure. La France me déprime. Je ne m’étais pas rendue compte à quel point j’aimais Copenhague.


30 janvier 2008. De retour à Copenhague. Le retour est délicat : la France, le Danemark je ne sais plus où je suis chez moi. Les Erasmus du 1er semestre sont partis… dur. Heureusement Carine et Vitto sont là. Et puis il y a aussi mes collègues. Rob m’invite à sa housewarming ce qui me permet de connaître d’autres expats encore, Peter, Sébastien… Les journées se succèdent, la Norvège, la Suède, la Finlande, la Russie et la Lettonie aussi. J’enchaine les voyages avec Jen, ma colloc, Victor, Steph, Joseph…


20 juin 2008. De retour en France pour passer les entretiens pour les écoles. Je finis mon mémoire, je suis fatiguée.


8 juillet 2008. De retour au Danemark, à Copenhague. Cette fois j’habite le plus chouette appart de la ville, chez Julien et Carine. Je rencontre Jul’s, Nico, Max et les autres le 14 juillet. Mes co-workers m’organisent la plus belle fête de l’année pour mon départ. Merci Sarwat, Rob, Yuri, Joost, Martine, Sharon, Lone, Diddi, Lars…..


15 août 2008. Je rentre définitivement en France. Je suis épuisée. Je pars avec un goût amer et la sensation d’avoir blessé quelqu’un ou raté quelque chose, l’avoir mal fait en tout cas.


Février 2009, soit 6 mois après, que s’est-il passé? Je suis à Paris, en fin d’études à 2 doigts de toucher mon rêve et de m’épanouir dans le métier qui m’est cher. Et pourtant :


  • … Copenhagen this week est toujours dans mes favoris

  • … mon portail Web me donne toujours la météo qu’il fait à Copenhague en temps réels
  • … sur la barre Google de mon bureau défilent des photos de Copenhague, d’ailleurs Nyhavn est en fond d’écran de mon PC et de mon téléphone
  • je lis encore les blogs de mes copains de là-bas et de ceux qui ont du mal à rentrer ici
  • … je me dis tous les jours que d’avoir mon vélo bleu serait plus pratique pour faire le trajet de la gare de RER jusqu’à la fac
  • … je cherche des 7 Eleven à chaque fois que je sors
  • … le mercredi je prévois d’aller au LA bar
  • … je revois Julia, Camilla, Victor, Stéphanie, Sory, Nico, Max et Jul’s
  • … j’ai gardé les 47 contacts One.com dans mon MSN, just in case
  • … j’ai les yeux qui brillent à chaque fois que je vois une pub Carlsberg, une boutique B&O ou le drapeau danois de l’Ambassade et j’appelle les bus de nuit des natbus
  • … je me suis réjouie de trouver du Dankage au Franprix du coin
  • … je me dis que le weekend prochain, j’appelle Oreste
  • … j’attends le vendredi matin avec impatience parce que c’est le jour du p’tit dej chez One.com, d’ailleurs je compte le nombre de vendredis dans le mois pour savoir lequel sera le jour du Fredag bar
  • … quand j’ai envie de faire du shopping, j’ai envie d’aller dans la Strøget et quand j’ai envie de courir pour me défouler je veux que ce soit autour des lacs ou dans Frederiksberghave
  • … j’ai envie de barbecue sur la plage d’Amager et du loppemarket du dimanche matin
  • … j’ai un drapeau danois piqué dans la terre de ma plante, devant une illustration de la tour Eiffel
  • … j’oublie fréquemment le code de ma carte bancaire puisque c’est le code danois qui me vient à l’esprit et je n’ai d’ailleurs toujours pas fermé mon compte danois à la danskebank
  • … quand j’entends « Breakfast at Tiffany’s » ou « Can’t take my eyes out of you » je pense à nos soirées guitare de Porcelænshaven
  • … quand je passe un bon moment, je lance à chaque fois « c’est ça le hygge » mais personne ne comprend
  • … à chaque fois que je croise un blond je me dis qu’il va parler danois et d’ailleurs à chaque fois qu’il y en a un qui parle danois j’ai envie de lui dire « jeg taler lidt dansk »
  • …et j’ai toujours ce goût amer et cette sensation d’avoir raté un au revoir celui avec qui j’ai eu cette dernière conversation dans ce bar, ce « dernier mail »


Mais j’ai fait des progrès quand même ! Depuis le 27 janvier 2009 j’ai rejoins le network France sur Facebook pour ne devenir qu’un inlassable fan du Danemark le 1 février qui a suivi… et croyez moi, ça ce n’est pas rien !

dimanche 8 février 2009

Un regard

Promenade rêveuse à deux pas de chez moi. Je pensais à lui, me rappelant son existence... en fait non, son existence je ne l'ai jamais vraiment oubliée. C'est de sa présence dont je me suis souvenue.

Arrivant à Bastille je croise le regard d'un jeune homme assis à la terrasse d'un bar. L'espace d'une micro-seconde j'ai cru que c'était lui. Mon cœur s'est emballé, comme emporté dans une course folle. Ce pincement au cœur m'est monté à la tête à tel point que j'en ai détourné le regard. Un pas, deux pas, trois pas... et si c'était vraiment lui? Un regard en arrière pour ne voir qu'un inconnu qui scrute les passants...

Ce moment était un songe, je n'ose imaginer s'il eut été réel.

dimanche 1 février 2009

A l'abordage!

Demain c'est la reprise. Une nouvelle vague arrive et je vais essayer de profiter d'avoir le vent en poupe pour construire un semblant de nouvelle vie. Je largue les amarres, donc, part pour des terres inconnues. Je hisse les voiles, maintiens le cap avant la prochaine escale.

J'ai autant de projets qu'il y a de vagues dans l'océan. J'avance cheveux au vent, évitant je l'espère les ras de marées, faisant avancer le navire, oubliant les éclats de verre des messages mis en bouteille. Tout en espérant que 2009 ne me laissera pas en naufragé du temps mais en rescapé du cœur.

Je m'en vais clopin-clopan comme un vieux pirate avec sa jambe (et sa gueule) de bois à la recherche d'une île et de son trésor. Ce vieux pirate qui s'en irai en fredonnant:

"Can a city be the love of your life? If so, I'm leaving my love! But great love stories always end in a good way, don't they? Please tell me they do! 'cause I'm heartbroken"