lundi 18 août 2008

Je suis à Beijing !

Vendredi 10h20 arrivée fracassante à Lyon Saint-Exupéry. Pas de valises, on m’annonce qu’elles sont restées à Bruxelles. «Ça commence bien !»

Regards inquiets de mon père « t’es encore malade ? La crève comme à chaque fois que tu rentres ». Détour chez celle qui m’a élevée à l’entrée du village. Elle ne me reconnaît pas, elle ne se souvient plus où j’étais ni pourquoi j’y étais. Désolée elle m’avoue « Tu sais ma pauvre, je suis perdue » comme si le temps c’était envolé, emportant avec lui des rires d’enfants et une vie de dur labeur dans la ferme du village. Et puis je l’ai revu, lui aussi. Comme quoi on n’oublie jamais son premier amour. Je me suis revue il y a 4 ans et au final je me dis que rien à changé. Je suis tiraillée entre un besoin d’ailleurs et une angoisse de la solitude... Ici il fait moche mais heureusement les sottises que les enfants font autour de moi, me rappelle celles que je faisais quand j’avais leur âge, ici.

Ça y est je suis de retour… et je me souviens maintenant pourquoi je ne voulais pas rentrer. Dire que j’avais presque oublié !

Depuis, c’est Beyrouth dans ma tête. Je suis là physiquement mais mon esprit vagabonde entre Copenhague et Paris, entre un passé trop proche et un futur qui arrive à grands pas. Je passe mes nuits à errer dans les rues de la capitale danoise à la recherche d’un appartement pour la capitale française… déroutant.

Autour de moi c’est l’incompréhension. « On dirait que ça ne te fait pas plaisir d’être de retour » Si ça me fait plaisir mais… (Est-ce vraiment ce *mais* qui les angoisse ?) mais ici c’est comme à Pékin : rétention d’information en famille et pas de moyen de communication (Internet à 56k oblige), censure dans l’expression : il ne faut pas dire ce qu’on pense vraiment au risque de blesser son entourage, il faut choisir les mots et le bon moment pour les sortir… épuisant.

Du coup, je ne parle plus. J’écris à qui veut bien lire. Je fais risette à tata pour faire plaisir. « Raconte nous un peu, t’es partie un an et tu racontes rien » C’est vrai, je garde jalousement des bribes de souvenirs parce que la vérité c’est que je suis loin, très loin, perdue dans mes pensées.

Il y a 2 jours j’étais à Copenhague, demain je serai à Paris mais pour l’instant croyez-moi, je suis à Beijing !

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