jeudi 21 août 2008

Première étape : les entretiens

Première étape de ma vie parisienne: validée !

A peine de retour de la capitale, je prends ma plume j’accapare mon clavier pour vous présenter mes premières constatations sur ‘Paris la grande’ et ses curieux habitants. Bien évidement, il ne s’agit ici que de constatations estivo-vacancières qui demandent vérification en période automnale voire hivernal lorsque le parisien aura repris ses mauvaises habitudes et son caractère grincheux-prétentieux !

Le parisien, justement, parlons-en puisque ce blog semble lui être entièrement dédié.

Le parisien, même en vacances, fait de la course à pied son sport national. Il ne marche pas, il court… ou plus précisément dans le jargon du coin « il se déplace rapidement ». Tout est prétexte à courir : le métro qui s’en va trop vite, le sale cabot du voisin qui s’amuse avec le bas du pantalon de costard fraichement repassé, le journal qui s’envole, la jolie fille qui tourne au coin de la rue … le parisien est en quête perpétuelle du contre la montre. Rien à voire avec notre ami danois qui lui gère sa crise « at komme til fransk tid » (arriver à la bourre ‘à la française’ pour les non-initiés) un bicycle à la main.

Ce parisien, se diffère également du danois dans sa façon d’être. Oui il grogne (même en vacances of course) mais *surtout* il est dra-gueur !!!!! A peine une jeune fille repérée et il déploie automatiquement un 6e sens l’obligeant à sortir un commentaire du plus déplorable au plus raffiné à la vitesse de la lumière. Et c’est ainsi qu’en à peine 1h de temps j’étais invitée à dîner par le môssieur de la RATP (pas le lutteur… zut) et un jeune homme du premier me proposait gentiment un café alors que je me débattais sauvagement avec mon plan de Paris… Je ne sais pas si c’est l’effet tailleur hôtesse de l’air (<- acheté il y a 2 jours, j’adoooore) l’effet scandinave (le danois ne drague pas avant 6 bières) ou l’effet ‘vacances’ (les vacances c’est pour la drague, non ?) mais quoiqu’il en soit je dois bien avouer que même si c’est infondé ça fait quand même vachement de bien à l’égo :]

Sinon, Paris intra muros… Alors ce qu’il faut savoir c’est déjà que Paris ce n’est pas une ville mais un pays frontalier de la France : d’une part parce que c’est en effet très grand, d’autre part parce que le parisien n’est pas français, il est parisien… et ça n’a rien à voir ! Si c’est beau ? Arf, allez faut bien que j’avoue que ce n’était pas si désagréable que ça de vagabonder dans les rues de la capitale. J’irai même jusqu’à dire que je m’y trouvais plutôt bien. Mais loin de moi l’idée de dire que Paris est la plus belle ville au monde, je n’ai pas cette arrogance là et puis n’oublions pas que Copenhague me traine dans le cœur ! Mais c’est vrai que j’envisage l’option « j’aime ma vie parisienne » pour les prochains mois et ce n’est pas peu dire !

Je valide donc cette première étape de ma vie parisienne, avec un sourire aux lèvres et du baume au cœur. J’y retourne semaine prochaine pour trouver un toi euh un toit. En voiture Simone !

lundi 18 août 2008

Je suis à Beijing !

Vendredi 10h20 arrivée fracassante à Lyon Saint-Exupéry. Pas de valises, on m’annonce qu’elles sont restées à Bruxelles. «Ça commence bien !»

Regards inquiets de mon père « t’es encore malade ? La crève comme à chaque fois que tu rentres ». Détour chez celle qui m’a élevée à l’entrée du village. Elle ne me reconnaît pas, elle ne se souvient plus où j’étais ni pourquoi j’y étais. Désolée elle m’avoue « Tu sais ma pauvre, je suis perdue » comme si le temps c’était envolé, emportant avec lui des rires d’enfants et une vie de dur labeur dans la ferme du village. Et puis je l’ai revu, lui aussi. Comme quoi on n’oublie jamais son premier amour. Je me suis revue il y a 4 ans et au final je me dis que rien à changé. Je suis tiraillée entre un besoin d’ailleurs et une angoisse de la solitude... Ici il fait moche mais heureusement les sottises que les enfants font autour de moi, me rappelle celles que je faisais quand j’avais leur âge, ici.

Ça y est je suis de retour… et je me souviens maintenant pourquoi je ne voulais pas rentrer. Dire que j’avais presque oublié !

Depuis, c’est Beyrouth dans ma tête. Je suis là physiquement mais mon esprit vagabonde entre Copenhague et Paris, entre un passé trop proche et un futur qui arrive à grands pas. Je passe mes nuits à errer dans les rues de la capitale danoise à la recherche d’un appartement pour la capitale française… déroutant.

Autour de moi c’est l’incompréhension. « On dirait que ça ne te fait pas plaisir d’être de retour » Si ça me fait plaisir mais… (Est-ce vraiment ce *mais* qui les angoisse ?) mais ici c’est comme à Pékin : rétention d’information en famille et pas de moyen de communication (Internet à 56k oblige), censure dans l’expression : il ne faut pas dire ce qu’on pense vraiment au risque de blesser son entourage, il faut choisir les mots et le bon moment pour les sortir… épuisant.

Du coup, je ne parle plus. J’écris à qui veut bien lire. Je fais risette à tata pour faire plaisir. « Raconte nous un peu, t’es partie un an et tu racontes rien » C’est vrai, je garde jalousement des bribes de souvenirs parce que la vérité c’est que je suis loin, très loin, perdue dans mes pensées.

Il y a 2 jours j’étais à Copenhague, demain je serai à Paris mais pour l’instant croyez-moi, je suis à Beijing !

mardi 12 août 2008

J- 1 semaine !!!

Attention Mesdames et Messieurs premier contact avec l'oiseau rare parigot dans tout juste une semaine !!! How exciting ! A moi le stress de Paris et le labyrinthe des métros, trams, trains, RER et autres machines de métal en tout genre. A moi les parisiens énervés de retour des vacances ensoleillées, les mioches qui crient, les voitures qui ronflent, les chats qui miaulent, le soleil qui brille, la vie qu'est belle !

A moi Pariiiiiiiiiiis !!!!


Dans une semaine jour pour jour ma vie de titi commence! Capitale prépares toi, la campagne vient à toi ! Me voici à l'aube de ma nouvelle vie. Tout reste à faire mais la grande motivation est là. Entretiens chez les parisiens et recherche d'appart active... Paris Paris Paris, j'te pari que j'vais t'aimer !

Camarades, on dirait que le Chapitre "Ma nouvelle vie à Paris" est bel et bien ouvert ! Je charge ma plume, ouvrez vos petits yeux... ce blog va prendre une allure éléphantesque incoyablissime !

Cela dit, là maintenant tout de suite, je vous laisse, j'ai le monde à concquérir (oui rien que ça!)

vendredi 1 août 2008

Fin de l'acte... rideau.

Il y a, je crois des moments de notre vie où l'on sent que le sol censé nous retenir se dérobe peu à peu sous nos pieds. Ce genre de passages à la fois agréables et déagréables où l'on signe d'une plume fébrile la fin d'un chapitre: une page du Grand Livre de notre Histoire se tourne, pour le meilleur ou pour le pire... mais quoiqu'il advienne certains personnages, certains ressentis, certaines images des chapitres précédents restent ancrés dans notre mémoire, nous donnant parfois un pincement au cœur, parfois un sourire aux lèvres...

Alors voilà, la page du chapitre ”Copenhague” est en fin d'écriture. Bientôt, Paris prendra toute la place avec une autre histoire, d' autres personnages et d'autres lieux. Peu à peu, Copenhague tirera sa révérence et son souvenir éphémère s'essoufflera comme sur un tableau de craies.

Mais pour l'instant cette page de fin de chapitre est encore difficile à tourner. Elle est lourde et fait même mal... parce que finalement je m'y trouvais bien dans ce chapitre... malgré quelques bavures et quelques ratés; on m'a dit qu'il ne fallait rien regretter...

Avant les trois coups du brigadier sur la scène de ma nouvelle vie, j'aligne les images de mes souvenirs comme pour tisser un fil de soie quasi-invisible, sur lequel je pourrai me promener lorsque la nostalgie d'un temps passé m'emportera dans les mailles trop serrées de ses filets.

Je m'évaderai dans mes rêves de longues soirées d'hiver accordées du pincement trop sec des cordes d'une guitare acoustique. Les cantiques d'une voie italienne m'accompagneront sur le chemin de mes souvenirs. Sur mon fil invisible, je suivrai les grands blonds en danseuse sur leurs bicycles flambant neufs. Les insultes de leurs sonnettes agressives du matin deviendront carillons d'un couché de soleil sur la mer. Il m'arrivera même de chercher mon vélo bleu rouillé et de m'imaginer longeant les lacs, la main droite dressée pour marquer l'arrêt, alors que chez moi on aurait cru que je salue un passant. Parfois je me surprendrais à regretter l'ersatz de fromage au jambon étalé sur une tranche de pain frais le vendredi matin. Il m'arrivera même d'espérer entendre parler hollandais autour de moi et de me dire qu'ils étaient adorables tous ces petits geeks. Je regretterai sans doutes les soirées trop arrosées du mercredi soir au LA, pestant contre ce foutu 85N qu'il fallait attendre des heures alors que le froid scandinave nous fouettait le visage. J'attendrai ma libellule le soir dans ma petite chambre devenue rapidement sa résidence secondaire. Comme souvent nous prendrons une soupe de mauvais goût sur cette table trop petite, nous parlerions des heures en tentant vainement de refaire le monde, un verre de presque-Martini à la main. Comme souvent, nous irions clopin-clopan mais heureuses et nous reviendrions alors que le jour se lève sur la capitale danoise. Je déplierai le vieux lit que je cachais jalousement et qui était vraiment trop petit pour les grandes jambes de ma scandinave. Je me prendrai à espérer des ”jeg elsker dig” sans lendemain chuchotés dans le creux de l'oreille le soir d'un été envoutant alors que ces mots doux se trompaient de destinataire. Et puis je l'attendrai, je l'espèrerai... Je revisiterai ces moments interdits que j'ai tellement attendu sans qu'ils (il?) ne m'appartiennent jamais... et finalement qu'ils (il) m'échappent pour de bon. Mes pensées s'évanouiront dans la pureté d'un parc couvert de neige et des ballades américaines sur des chemins à peine visibles. Le cœur gros, je survolerai Berlin, Oslo et même Moscou. Mes dimanches à la campagne et l'odeur d'une cuisine sudiste m'empliront l'esprit. Ma famille d'adoption me manquera chaque jour un peu plus... Et puis je me demanderai où sont les chanteurs indiens d'ocarina sur Rådhuspladsen, où sont ces artistes d'un soir de la Strøget? Je me perdrai dans cette ville où les plus pauvres sont dignes des plus grands spectacles. Et puis il m'arrivera même de penser à lui. Celui avec qui j'ai vécu un an durant, nuit et jour l'insultant et l'aimant, le haïssant et l'admirant; celui pour qui la vue d'une marguerite n'aura jamais plus la même signification; celui qui fait la fierté de son pays et qui signait ses œuvres d'une simplicité déroutante comme l'écorce d'un arbre que l'on graverait d'un coup de couteau vieilli, deux lettres mais tout un symbole ”GJ”.

Copenhague est encore avec moi et m'échappe pourtant déjà. Un tournis m'envahit faisant le vide à mes côtés, Paris c'est à toi! Prouve moi que tu gardes dans ton ventre des Hommes de Cœur, pour que l'oubli de Copenhague me fasse moins peur...

Le rideau de velours finira par tomber - Régie, abaissez les lumières - Fin de l'acte - Mesdames Messieurs applaudissez.